Construction en bois durable

La construction en bois : une solution écologique encore marginale en France

La construction en bois présente de nombreux avantages sur le plan écologique. Pourtant, elle ne représentait en France, en 2022, que 6 % du marché résidentiel neuf. Le bois reste de fait largement sous-exploité dans le bâtiment alors qu’il présente des atouts incontestables pour atteindre les objectifs de neutralité carbone fixés au niveau national et européen. Découvrons ses principaux points forts sur le plan environnemental.

Le bois est une ressource renouvelable

Pour pousser, le bois n’a besoin que de soleil et d’eau de pluie. C’est une ressource naturelle, accessible, inépuisable si l’on gère les forêts de façon responsable. Son exploitation consomme peu d’énergie et il peut être réutilisé et recyclé.

Les forêts mondiales stockent environ 662 gigatonnes de carbone et contribuent de cette façon à la lutte contre le changement climatique. En Europe, 40 % de la surface continentale est couverte de forêts et leur gestion permet d’accroître leur rôle de puits de carbone, essentiel pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.

Pour ne pas rompre cet équilibre naturel, l’exploitation des forêts doit être gérée de manière à assurer le renouvellement des essences. Lorsque la forêt est surexploitée, cela peut nuire à la biodiversité et entraîner un déséquilibre des écosystèmes. En revanche lorsqu’elle est gérée durablement, on entretient la biodiversité et on garantit son renouvellement pour les générations futures. Le bois biosourcé est issu de forêts gérées durablement, certifiées PEFC ou FSC.

En savoir plus

Connaître et agir : le carbone forestier, ADEME, 2021. Voir

Le bois agit comme un puits de carbone

Lors de la croissance des arbres, le CO₂ atmosphérique est absorbé et stocké dans leur biomasse. Ce carbone, qui reste captif dans le bois utilisé pour la construction, contribue à réduire l’empreinte carbone des bâtiments et donc à atténuer le changement climatique.

Un bâtiment à structure bois émet en moyenne 300 kgCO₂/m² de moins qu’une structure en béton sur 100 ans, ce qui permet dans certains cas de transformer le bâtiment en puits de carbone.

Aussi, l’utilisation du bois dans la construction permet de satisfaire aux exigences de décarbonation et de se conformer plus facilement aux réglementations en vigueur (RE2020 par exemple). Par ailleurs, en associant le bois à d’autres techniques innovantes, telles que l’isolation biosourcée ou l’architecture bioclimatique, il est possible de concevoir des bâtiments neutres en carbone.

« Sobriété énergétique, décarbonation de l’énergie, diminution de l’impact carbone et garantie de confort en cas de forte chaleur. »

Le bois consomme moins d’énergie grise

Le bois nécessite moins d’énergie que l’acier ou le béton selon les analyses de cycle de vie, il utilise moins d’énergies fossiles pour sa fabrication et son traitement et émet beaucoup moins de gaz à effet de serre (GES) pour son transport et sa transformation. Cela est d’autant plus vrai si l’on mobilise des filières locales pour s’approvisionner. En effet, l’utilisation d’essences exotiques dans la construction en bois alourdit le bilan carbone de la construction à cause du transport sur de longues distances.

La substitution de produits bois à des matériaux comme l’acier et le béton pourrait donc permettre à l’Union européenne de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 100 millions de tonnes de CO₂/an en 2050.

Le béton, majoritairement utilisé dans le monde, émet en 2025, 7% de CO² pour sa fabrication.

Le bois a une longue durée de vie

Bien entretenu et protégé de l’humidité, le bois offre une longévité élevée, pouvant aller jusqu’à 100 ans ou plus. En fin de vie, il est possible de le réemployer en nouveaux ouvrages ou de le recycler pour limiter les déchets. Cette circularité du matériau renforce encore ses atouts écologiques.

Cependant, les traitements sont parfois nécessaires pour protéger le bois des parasites ou de l’humidité. Mais le recours aux produits chimiques n’est pas une fatalité, car il existe des solutions alternatives, à commencer par le choix si possible d’une essence naturellement durable (chêne, châtaignier, mélèze, robinier, cèdre rouge…). Un autre principe écologique, c’est d’adapter la conception architecturale pour abriter, ventiler et étanchéifier au maximum le bois de construction. Pour les bois exposés aux intempéries (terrasses, menuiseries extérieures…) qui nécessitent un traitement, l’oléothermie, qui consiste à injecter de l’huile chauffée dans le bois, est une technique écologique assez récente. Elle nécessite néanmoins un entretien périodique. Enfin, parmi les traitements alternatifs, on peut recourir à des procédés thermiques, tels que la rétification (modification de la lignine du bois) et le traitement thermique, qui améliorent la résistance aux parasites et à l’humidité.

Construire avec un bois de qualité durable, c’est aussi construire pour les générations futures.

Le bois est un isolant naturel

Le bois possède d’excellentes propriétés d’isolation thermique et acoustique. Ces capacités réduisent les besoins énergétiques des bâtiments pour le chauffage et la climatisation, ce qui permet d’abaisser la consommation et les émissions associées.

La construction en bois apporte de plus un très grand confort de vie : de la chaleur agréable en hiver et de la fraîcheur en été. Elle crée une atmosphère saine grâce à la régulation de l’humidité et isole des bruits extérieurs… Ces pouvoirs isolants sont démultipliés avec l’utilisation en complément de matériaux biosourcés, tels que la ouate de cellulose, le chanvre ou la fibre de bois.

Le bois, matériau d’avenir

Le bois répond à tous les critères pour construire dans le respect des normes environnementales et pour bénéficier d’un confort de vie optimal. La construction en bois, encore très marginale en France (loin derrière d’autres pays européens), dispose pourtant d’un potentiel immense sur son territoire.